Les petites crottes sombres qui parsèment le plancher du grenier ne sont pas anodines. Avant de les ramasser, il faut savoir à quel animal on a affaire, adapter le nettoyage pour éviter un risque sanitaire réel, puis traiter la cause : la présence d’un loir ou d’un lérot sous votre toit. Le loir étant une espèce protégée en France, chaque geste compte, y compris ceux qu’on s’interdit.
Crottes de loir ou de souris : identifier les déjections dans le grenier
La confusion est fréquente. Les crottes de loir mesurent environ un centimètre, sont cylindriques et légèrement plus grosses que celles d’une souris domestique. Leur couleur varie du brun foncé au noir selon l’ancienneté.
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Celles du lérot, souvent appelé « loir des greniers », sont comparables en taille mais s’accompagnent d’un détail utile : le lérot laisse régulièrement des restes alimentaires à proximité (noyaux, graines, fragments d’insectes). Le rat, lui, produit des crottes plus volumineuses, en forme de fuseau, et les dépose souvent le long des murs ou des plinthes.
Un indice complémentaire aide à trancher : les bruits nocturnes de trottinement et de grattage dans les combles signalent un animal de la famille des gliridés. Le loir gris et le lérot sont tous deux nocturnes, actifs surtout entre le crépuscule et l’aube, et hibernent une partie de l’année.
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Protocole de nettoyage des crottes de loir sans risque sanitaire
Le nettoyage est la première étape, et sa qualité conditionne tout le reste. Ne jamais balayer ni aspirer à sec les crottes de rongeurs : le balayage remet en suspension des particules potentiellement contaminées par des germes (leptospirose, hantavirus pour certaines espèces de rongeurs).
Les professionnels de la dératisation recommandent un protocole précis, applicable au loir comme au lérot :
- Aérer le grenier pendant une trentaine de minutes avant toute intervention, fenêtres ou trappes ouvertes.
- Porter des gants jetables et un masque filtrant de type FFP2 pendant toute la durée du nettoyage.
- Humidifier les crottes et les éventuels débris de nid avec un désinfectant ou une solution légèrement chlorée avant de les manipuler, pour éviter la formation de poussière.
- Ramasser les déjections avec du papier absorbant ou de l’essuie-tout, puis les placer dans un double sac poubelle fermé.
- Désinfecter les surfaces souillées avec un produit adapté au support (bois brut, plâtre, isolant), en insistant sur les zones où les crottes étaient concentrées.
Ce protocole, décrit pour les rats et les souris dans les guides de dératisation professionnelle, s’applique directement aux loirs et lérots. L’étape d’humidification est la plus négligée, alors qu’elle réduit considérablement le risque d’inhalation.
Loir dans le grenier : pourquoi il est interdit de le tuer
Le loir gris (Glis glis) et le lérot (Eliomys quercinus) bénéficient d’une protection légale au niveau européen. En France, l’utilisation de pièges mortels ou de rodenticides contre ces espèces nécessite une autorisation préfectorale préalable.
Poser un piège à rat classique ou disperser du poison dans le grenier pour éliminer un loir expose à des sanctions. Les retours terrain divergent sur la tolérance des autorités locales, mais le cadre juridique est clair : sans dérogation, seules les méthodes non létales sont autorisées.
Ce statut protégé explique pourquoi le nettoyage des crottes, aussi minutieux soit-il, ne résout rien à long terme si l’animal continue de fréquenter les combles. Il faut l’exclure, pas l’éliminer.
Méthodes non létales pour éloigner un loir des combles
La capture vivante reste l’approche la plus fiable. Les nasses à appât (fruit mûr, pomme, noix) permettent de piéger le loir sans le blesser, puis de le relâcher à distance du bâtiment, idéalement à plusieurs centaines de mètres dans un milieu boisé.
Les appareils à ultrasons sont souvent présentés comme une solution miracle. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à leur efficacité réelle sur les loirs. Plusieurs sources spécialisées en lutte antiparasitaire soulignent que l’efficacité des ultrasons reste contestée, les rongeurs pouvant s’y habituer en quelques jours. En revanche, certains utilisateurs rapportent un effet dissuasif temporaire, suffisant pour compléter d’autres mesures.
Les répulsifs naturels (huile essentielle de menthe poivrée, naphtaline) ont un effet limité dans le temps et doivent être renouvelés fréquemment. Ils peuvent servir d’appoint, pas de solution principale.

Colmater les accès : la seule solution durable contre les crottes de loir
Un loir adulte passe dans un trou de quelques centimètres. Les greniers offrent de nombreux points d’entrée : jonctions entre toiture et maçonnerie, passages de câbles, tuiles déplacées, soffites endommagés.
Obturer chaque point d’accès avec un matériau résistant au rongement (grillage métallique à maille fine, mortite, laine d’acier insérée dans les interstices) est la seule méthode qui empêche durablement le retour de l’animal et, par conséquent, l’apparition de nouvelles crottes.
L’inspection se fait de préférence en journée, quand l’animal dort ou est absent. Il faut vérifier que le grenier est vide avant de sceller les ouvertures, sous peine d’enfermer le loir à l’intérieur, ce qui aggraverait les dégâts sur l’isolation et les câbles électriques.
Quand solliciter un professionnel de la dératisation
Si les crottes réapparaissent malgré le nettoyage et le colmatage, ou si les bruits nocturnes persistent, faire intervenir un spécialiste de la dératisation formé aux espèces protégées reste la démarche la plus sûre. Ce professionnel dispose des autorisations et du matériel nécessaires pour capturer et déplacer l’animal dans le respect de la réglementation.
Les crottes de loir dans un grenier sont un symptôme, pas le problème. Nettoyer correctement protège la santé des occupants. Fermer les accès protège la maison. Un nettoyage sans colmatage laisse le problème revenir, et un colmatage sans nettoyage préalable laisse un risque sanitaire en place.

